Le singe de Hartlepool | Wilfrid Lupano & Jérémie Moreau


1814, en pleine guerre Napoléonienne, un navire Français croise en Mer du Nord, au large des côtes de l’ennemi Britannique. Les distractions sont rares mais l’équipage à trouver le moyen de remédier à cet ennui en déguisant leur mascotte Nelson, un chimpanzé, de l’uniforme de la marine Française. Celui-ci imite à la perfection Napoléon en défilant sur le pont, ce qui à le don de faire rire à plein poumons le capitaine. Cependant une terrible tempête va bientôt mettre fin à la plaisanterie… La nature prend alors un malin plaisir à malmener cette coque de noix sur laquelle la foudre s’abat. Inexorablement le navire sombre.
Le lendemain les habitants de la petite ville côtière d’Hartlepool découvrent avec joie les restes du bateau. Récupérant ça et là ce qui peut encore servir, les autochtones ne tardent pas à tomber sur le singe qui à survécut au naufrage. Personne n’ayant jamais vu de Français sauf ce vieux fou de Patterson, ils font rapidement la déduction que le primate est un espion au service de Napoléon. Ils le capturent, non sans mal et décident de le juger à la mode de chez eux, haut et court…

Le singe de Hartlepool est la nouvelle BD de Wilfrid Lupano, auteur que j’avais découvert grâce à l’excellente série Alim le tanneur. Ce scénario lui à été inspiré par une légende locale de Hartlepool, ville côtière située dans le comté de Dunham sur la côte Est de l’Angleterre. Cette légende – qu’elle soit vraie ou pas – raconte qu’en 1814, les habitants ont trouvé un singe en uniforme sur la plage. Ignorant totalement à quoi pouvait ressembler un Français et l’animal ne pouvant répondre aux questions posées lors des interrogatoires, ils décidèrent de condamner ce dernier à la pendaison. Pour la petite histoire, depuis cette date les habitants de la ville porte le doux nom de « pendeurs » de singes  (monkey hanger).

Il n’en fallait pas plus à Wilfrid Lupano pour nous concocter un scénario autour de cette anecdote pour le moins loufoque.  Au-delà de la délirante histoire de singe, le récit met évidemment en exergue la bêtise humaine et plus particulièrement cette propension qu’ont les hommes à haïr leur voisin dans un premier temps, sans essayer de comprendre. Un racisme  basique souvent exacerbé lors d’une guerre.

Au dessin, on trouve Jérémie Moreau qui nous gratifie de très jolies planches. J’aime beaucoup son trait, mais j’apprécie encore plus cette mise en couleur informatique et pourtant très juste. Ce n’est pas plat et sans âme, on remarque chez Jérémie Moreau un véritable soucis du détail. Comme celui apporté aux vêtements souillés par la pluie et la boue.

Bref, le singe de Hartlepool est un one shot truculent, émouvant et où l’humour découle surtout de l’ignorance et de la bêtise des personnages. Et puis j’ai aimé la manière avec laquelle Wilfrid Lupano clôture son récit. Une excellente BD.

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5 réflexions sur “Le singe de Hartlepool | Wilfrid Lupano & Jérémie Moreau

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